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Conversion d'un immeuble en copropriété divise par des copropriétaires indivis
GUIDE DE PRÉPARATION DE DOSSIER
NOTE : Ce document porte principalement sur la rédaction de la demande et la préparation de la preuve à fournir lors de l'audience. Pour obtenir plus de détails sur les règles et les étapes de la conversion, nous vous suggérons de lire la publication de la Régie du logement intitulée La conversion en copropriété divise... et les locataires.
Partie I
L'Ensemble de la démarche
- Principe de la nécessité d'une autorisation
En vertu de la Loi sur la Régie du logement (L.R.Q., c.
R-8.1), toute personne désirant convertir un ou plusieurs immeubles
en copropriété divise doit demander l'autorisation de la
Régie, dès lors que l'immeuble a ou a eu au cours des
10 dernières années, au moins un logement.
Au sens de la loi, un "logement" est un lieu loué à
des fins résidentielles, ou qui est offert en location ou bien devenu
vacant après une location.
- Demande d'autorisation
La demande doit être déposée à la Régie,
accompagnée des frais prévus par règlement, qui varient
suivant le nombre de logements.
Vu la complexité d'une telle démarche, il est suggéré
aux demandeurs de consulter un notaire ou un avocat pour la rédaction
de la demande et pour les assister lors de l'audience. Dans le cas
du notaire, ce dernier verra à faire signer la demande par les demandeurs
et il pourra agir comme témoin des demandeurs seulement; il ne peut
être considéré comme un représentant vu les
exigences des articles 72 et 74 de la Loi sur la Régie du logement.
- Audience
La Régie transmettra aux demandeurs un avis les informant du
lieu, de la date et de l'heure de l'audience.
Les demandeurs doivent être présents à l'audience.
À défaut, ils peuvent mandater leur conjoint ou être
représentés par un avocat. Ils peuvent aussi pour motif sérieux,
mandater par écrit un parent, un allié ou un ami.
Comme l'audience n'est pas une simple formalité, il est important
de savoir que toute preuve requise et non fournie risque d'entraîner
une remise de la cause et par conséquent des délais supplémentaires.
Les demandeurs ou leurs représentants doivent être en mesure
de prouver tous les faits relatifs à la demande et toutes les circonstances
entourant la conversion au moyen de témoignages et de pièces
matérielles. Ainsi, si un demandeur est représenté
et que le mandataire n'est pas personnellement au fait, il devra voir à
assigner des témoins capables d'attester les faits.
- Affichage
La Loi prévoit qu'une affiche doit être placée devant
l'immeuble. La Régie sollicite la collaboration des propriétaires
pour les aspects techniques de l'affichage. L'affiche indique entre autres
que toute personne peut faire des représentations écrites
sur la demande dans les dix jours de cet affichage ou de la publication
d'un avis public le cas échéant.
La régie peut, si elle l'estime opportun, tenir une audience
publique où elle peut entendre toute personne qui a fait des représentations.
- Inscription de la déclaration de copropriété
au Bureau de la publicité des droits (appelé avant 1994
Bureau d'enregistrement)
Une fois obtenue l'autorisation de convertir, les propriétaires
ont un an pour faire inscrire sur le registre foncier la déclaration
de copropriété. Celle-ci doit être accompagnée
de la décision de la Régie autorisant la conversion.
Si on laisse écouler ce délai d'un an, l'autorisation
est sans effet. On peut, pour un motif raisonnable, déposer une
demande de prolongation de délai, pourvu que cette demande soit
adressée à la Régie avant l'expiration de ce délai.
- Sanction
Il est important de savoir que tout intéressé, y compris
la Régie, peut demander à la Cour supérieure de faire
radier l'inscription de la déclaration de copropriété
faite sans l'autorisation de la Régie, alors qu'elle était
requise, et faire annuler toute convention subséquente à
cette inscription.
Partie II
Éléments de la demande et documents requis
Ce type de demande nécessite souvent plusieurs pages de texte,
notamment à cause de la présence de plusieurs parties, de
longues désignations cadastrales à transcrire, etc.; en conséquence,
pour la rédaction, nous suggérons de ne pas utiliser le formulaire
général (avec copies carbone) conçu par la Régie
car il est peu approprié à ce genre de demande. Il serait
plus pratique de remplir la demande sur du papier ordinaire de format 8
X 14. Et n'hésitez pas à vous inspirer de la Structure-type
de demande qui apparaît en partie III du présent document.
- Parties à la demande
La demande identifiera correctement les propriétaires et comportera
leur adresse et leur code postal. Il serait utile d'indiquer les numéros
de téléphone et de télécopieur s'il y a lieu.
- Immeubles
La demande doit comporter la désignation cadastrale de l'immeuble
ou des immeubles qu'on veut convertir, conforme aux articles 3032, 3033
et 3037 C.C.Q. Cette désignation devra être complète,
à jour et officielle, c'est-à-dire correspondre à
celle du registre foncier au jour de la demande. Si des modifications cadastrales
ont lieu par la suite, elles devront être communiquées aux
régisseurs lors de l'audience.
La demande indiquera également l'adresse civique de l'immeuble
et le nombre de logements.
Il est essentiel de produire le titre d'acquisition des copropriétaires
(ex. : contrat d'achat, de cession de parts indivises, etc.).
Si un plan ou un certificat de localisation est disponible, il sera
considéré comme un document pertinent.
- Critères considérés
par la Régie / précisions dans la demande
Lors de l'étude de la demande, la Régie considérera
principalement les aspects reliés aux droits des locataires ayant
demeuré dans l'immeuble au cours des années antérieures,
notamment le droit au maintien dans les lieux.
En outre, chaque copropriétaire devra être en mesure de
prouver qu'il occupe réellement un des logements de l'immeuble,
par des moyens de preuve tels : témoignages, permis de conduire,
factures de société d'électricité ou de téléphone,
etc.
En résumé, la loi prévoit que la Régie doit
refuser toute autorisation si :
- des travaux ont été faits à l'immeuble en vue
de le préparer à la conversion et d'évincer un locataire;
- un logement a déjà fait l'objet d'une reprise illégale
par un propriétaire ou a été repris en vue de convertir
l'immeuble en copropriété divise;
- dans les cinq années précédant la demande, un
propriétaire a été déclaré coupable
d'une infraction de harcèlement à l'égard d'un locataire
de l'immeuble, pour laquelle il n'a pas obtenu le pardon.
La demande devrait fournir des précisions sur les éléments
ci-dessus mentionnés et les demandeurs doivent être prêts,
à l'audience, à donner tous les détails pertinents
concernant chacun de ceux-ci.
Il est aussi important de savoir que, si une demande de conversion est
rejetée pour l'un ou l'autre des trois motifs ci-dessus mentionnés,
on ne pourra en produire une autre, pour cet immeuble, avant trois ans.
Prière de noter
D'autres informations ou documents pourraient être demandés
par le tribunal. Le demandeur devra alors y agréer dans le délai
indiqué.
Partie III
Structure-type de demande
Identification des copropriétaires - demandeurs (s)
DEMANDE D'AUTORISATION DE CONVERTIR UN (DES) IMMEUBLE(S) EN COPROPRIÉTÉ
DIVISE (Art. 51, Loi sur la Régie du logement (L.R.Q.,
c. R-8.1))
Les demandeurs déclarent ce qui suit :
SECTION I - description de l'(des) immeuble(s)
Description de tous les immeubles faisant l'objet de la demande de conversion,
avec l'adresse, le nombre de logements et la désignation cadastrale
de chacun.
SECTION II - Origine du droit de propriété
Mention de l'origine du droit de propriété (de qui et
quand chaque immeuble a été acquis) de tous les immeubles
faisant l'objet de la demande de conversion.
SECTION III - Historique de l'occupation pour chacun des copropriétaires
Mention des détails pertinents concernant l'occupation par chacun
des copropriétaires indivis.
SECTION IV - Mention qu'il n'y a pas eu :
- des travaux préparatoires à la conversion dans un but
d'éviction...
- de déclaration de culpabilité, dans les 5 ans, en relation
avec une infraction de harcèlement (art. 112.1 Loi sur la Régie
du logement). pour laquelle un pardon n'a pas été obtenu...
- de reprise illégale d'un logement...
EN CONSÉQUENCE, les demandeurs demandent au tribunal l'autorisation
de convertir en copropriété divise 1' (les immeuble)s) ci-dessus
décrit(s).
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